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Le CHEM

EMOTIONS du CHEVAL

Les émotions du cheval



Un lien étroit existe entre émotivité et capacité d'apprentissage.
Des réactions émotionnelles perturbent ses capacités d'apprentissage et de raisonnement, dans certaines circonstances.
Ces constatations basiques ont été confirmées par des études démontrant que certaines lésions cérébrales (notamment préfrontales) neutralisant l'expression des émotions provoquent des troubles d'apprentissage et de comportement social.

Quelles Emotions ?

A notre instar, le cheval a bien des émotions qui se définissent comme un ensemble de réponses ou de réactions face à des évènements déclencheurs tels que la douleur, la récompense, l'isolement social, l'effort physique, l'odeur, la présence d'un prédateur.
Ces émotions de base sont : la peur, la colère, la joie, la tristesse, le dégoût... mais aussi : la jalousie, l'agressivité, l'excitation...
Ces réponses ou réactions émotionnelles se manifestent le plus souvent par des mouvements facilement observables : fuite, évitement, attaque, jeu, expression faciale (découvrement des dents, tension de la bouche...), stéréotypies...

La fuite reflète plutôt la peur, l'attaque la colère et l'abattement ou la tristesse...
Dans ces exemples, l'émotion s'exprime donc par une manifestation comportementale de fuite, d'agressivité et d'abattement En réalité, il y a une grande richesse de comportements émotionnels entre les chevaux, richesse importante à découvrir. Ces réponses émotionnelles du cheval, visibles par l'extérieur, s'accompagnent aussi de changements internes, physiologiques, moins visibles de l'état corporel du cheval : modifications endocriniennes {sécrétion d'hormones telle que l'adrénaline...}, réactions viscérales {trouble du transit, accélération de la fréquence cardiaque, transpiration...). tremblements. modifications pupillairesetc Ces changements physiologiques accompagnent les expériences émotionnelles aussi bien positives que négatives.

Dans ces expressions d'une part comportementales visibles et d'autre part physiologiques des émotions, il y a d'importantes différences individuelles liées soit à des conditions contextuelles (mode de vie, type de discipline}, soit à des conditions physiologiques (âge, sexe, état hormonal...) soit à l'origine génétique, etc. Ces différences individuelles peuvent être abordées, analysées par des tests expérimentaux qui mesurent l'émotivité d'un cheval. Au delà des comportements et des états physiologiques émotionnels, le cheval a également des" vécus" de ses émotions qui vont fortement influencer ses comportements. La peur par exemple peut influencer une maternité, un sevrage, une relation à l'homme, l'alimentation, les capacités d'apprentissage...
Chronique, elle peut générer un stress chronique avec diminution du bien être, sensibilité à des maladies, etc.


Quels Sentiments ?

Nous pourrions définir les sentiments come une expérience subjective des émotions.
Là encore, le cheval exprime comme nous des émotions observables en variation de comportements et/ ou physiologiques.
Mais est-il également capable de percevoir, de ressentir des émotions comme les humains ?
Les observations comportementementales le confirment-elles ?
La douleur qui peut générer une réponse émotionnelle de retrait ou de menaces... ne s'accompagnerait-elle pas aussi d'une expérience de souffrance, de mal être personnelle au cheval ?
Un état de fatigue, manque d'énergie, mal être, tension, inattention... ou à l'inverse de bien être, relâchement, confort ne seraient-ils pas des sentiments manifestés par le cheval qui reflèteraient sa perception d'émotions ?
Le cheval ne ferait-il pas ainsi l'expérience personnelle de ses émotions en percevant toutes les modifications en cours dans son organisme lors de ses réactions émotionnelles, modifications vécues comme agréable, plaisante, positive ou comme désagréable, déplaisante, frustrante Cette expérience personnelle entraînerait alors selon le contexte soit une attitude d'approche {aller vers, suivre...) soit une attitude de retrait {éviter, fuir...}
La réponse à ces questions est sans nul doute positive.


L'émotivité du cheval ?

L'émotivité est la susceptibilité particulière d'un cheval à manifester individuellement des réactions émotionnelles fortes {hyper-émotivité}.
Il existe d'importantes différences individuelles qui dépendent de multiples facteurs :
- des facteurs internes (race, équilibre hormonal, particularités génétiques...)
- des facteurs environnementaux sociaux (conditions d'élevage et de sevrage, alimentation, conditions d'entretien, type de travail fourni...)
Elle est caractérisée par exemple, en la propension d'un cheval à ressentir la peur, ce qui peut être appréciée, analysée par différents tests.


Fonctions des Emotions ?

Les émotions sont essentielles dans la vie du cheval.
Elles permettent une réaction spécifique à une situation déclenchante {fuir l'ennemi, redresser l'encolure en présence d'un bruit...} qui modifie l'état interne de l'organisme et aboutissent à des comportements orientés qui augmentent ses chances de survie en milieu naturel.
Elles lui dictent ainsi les réactions appropriées face à des situations très diverses.
A noter d'ailleurs que cette fonction d'adaptation s'exerce tant pour l'individu que pour le groupe social.
Mais les émotions sont avant tout un mode de communication entre congénères qui informent et jouent donc un rôle essentiel au sein du groupe qui permet d'organiser et de réguler la vie siciale de la harde.


Apprentissage et Emotivité

L'apprentissage est l'acquisition d'un comportement attribuable à une expérience sensorielle antérieure Or, l'émotivité ou réactivité émotionnelle n'est pas sans influence sur les capacités d'apprentissage d'un animal. Une émotivité soit trop faible ou le plus souvent trop forte (hyperémotivité) peut en effet influencer les capacités de vigilance du cheval pour apprendre correctement.

Le cheval excitable ou avec forte réactivité émotionnelle a souvent de moins bonne performance dans l'acquisition d'apprentissage. En effet, s'il est constamment sur ses gardes, incapable de se détendre, apeuré, distrait.., il ne pourra être attentif et l'apprentissage sera difficile. Dans ces circonstances, la réactivité émotionnelle prend la place de l'apprentissage quelque en soit sa cause (douleur, lieu inconnu). Le cheval émotif aurait donc plus de difficultés d'apprentissage par manque de concentration.

Il vaut mieux alors lui apprendre à d'abord gérer ses émotions avant d'entamer un travail. Le cheval flegmatique (froid, lent) ou placide par contre offre trop peu d'attention et de motivation que pour apprendre facilement (le flegme étant le contraire d'une grande émotivité} mais cela ne signifie pas qu'il soit incapable d'apprendre. Pour qu'il y ait apprentissage, le cheval doit en effet atteindre un minimum d'éveil (niveau de réaction) ou d'attention qui le rende capable à se concentrer sur un objet {physique, mental} particulier à l'exclusion d'autres. Sans ce minimum d'attention, l'apprentissage est beaucoup plus difficile.


Conséquences pratiques ?

Il paraît donc important d'avoir un cheval attentif et confiant pour obtenir un bon apprentissage.
Pour se faire, quelques orientations peuvent faciliter un environnement plus adéquat à l'apprentissage.
Le lieu d'apprentissage : dans l'acquisition d'apprentissage, travailler dans un endroit calme et sécurisant est propice à bien capter l'attention du cheval et à maintenir un contact mutuel ; Si le cheval est préoccupé ailleurs par le bruit, d'autres congénères, l'heure de nourriture..., il ne pourra apprendre. L'endroit du travail est donc important à choisir. Dans ce sens, le "round pen" est un espace adéquat pour obtenir la concentration du cheval dans une communication confiante entre le cavalier et son cheval.

La période d'apprentissage: après la période de relation sécurisante entre mère et poulain ou de sevrage, les chevaux" manipulés" tôt ont souvent de meilleures capacités d'apprentissage notamment suite à un meilleur contrôle de leurs réactions émotionnelles. Il est toutefois aussi important de dire que trop de manipulations et trop tôt chez un jeune cheval peuvent aussi induire du stress et Influencer alors ultérieurement les capacités d'apprentissage.

Les variations individuelles en émotivité : elles montrent l'importance pour le cavalier à davantage s'adapter à chaque cheval pour en retirer le meilleur plutôt que de suivre des méthodes d'éducation figées pour tous les chevaux.

Le travail à pied, au sol (en longe, en liberté, aux longues rennes...) : ce travail rend plus facile l'obtention de la concentration du cheval et le réel contact visuel.

Les exercices: le pas est une allure d'un niveau d'émotivité moindre que le trot et le galop. Les exercices complexes par exemple doivent être appris et acquis d'abord au pas avant de passer à un niveau supérieur plus stressant.

Le type de "travail" : le dressage serait la discipline qui amène le plus le cheval dans des postures d'émotivité intense que d'autres disciplines telles que la randonnée, la voltige... Ne faut-il pas alors envisager les activités avec le cheval plus sous forme de loisirs, de travail plaisir que de" discipline". Les activités variées avec le cheval devrait alors davantage être un loisir plutôt qu'un labeur dans une discipline particulière.

Le mode de vie : un mode de vie au pré avec d'autres congénères tend à diminuer l'émotivité par rapport à une vie confinée dans un box et sans contacts. En effet, le maintien en box, l'absence de contacts sociaux prédisposeraient les chevaux à être plus émotifs. Il est donc vivement conseillé d'apporter au cheval un environnement physique et social stimulant et varié.

Le contact mutuel : le cheval comme son cavalier doivent être mutuellement attentifs en maintenant un contact non seulement du regard mais aussi de la voix.

L'éducation et la gestion de nos propres émotions: elles devraient nous permettre d'acquérir une attitude confiante, sécurisante, positive et encourageante.

Notre attitude a en effet une incidence non négligeable sur les capacités d'apprentissage du cheval. Or notre attitude dépend aussi de notre état émotionnel.

Conclusions
Le cheval est donc un être vivant mû par des émotions. Le répertoire d'expressions de ses émotions par des comportements observables et des variations physiologiques est très large et fondamental à découvrir pour son éducation. Le vécu de ces émotions apportera bien être ou mal être selon de multiples facteurs importants à prendre en considération.
Il est toutefois sage de savoir que ces émotions ne sont pas sans influence sur ses capacités d'apprentissage Aussi, plus le cheval sera sécurisé et dans une ambiance positive, plus facilement il sera attentif et plus vite il apprendra.


Les modifications de composition d'un troupeau
par le Dr. Y. Bertrand
En langage cheval...

SEPARATION d'un CONGENERE du GROUPE

Etude de comportements offensifs
L'éthologie est l'étude critique du comportement d'un animal dans son milieu naturel par observation. Lors d'un exercice de stage en éthologie (Stage d'initiation à l'observation -M. Hausberger -Université de Rennes, Service Education Permanente ), j'ai pu observer le comportement de chevaux lorsque l'un d'entre eux était séparé du groupe pendant un temps déterminé et ensuite ramené au sein du groupe. L'article présente cette expérience pratiquée par plusieurs observateurs présents lors de ce stage.

1. Méthode 
a) Le contexte
Un groupe de 5 chevaux est en liberté dans une prairie. La question posée est la suivante "Quels sont les comportements de relation au sein d'un groupe de chevaux lors de la séparation d'un des congénères, puis de sa réintroduction dans le groupe ?"

b) Méthode focale
Seuls les comportements dits offensifs (types et fréquence) sont rélevés par plusieurs observateurs après la sortie du groupe puis la réintroduction dans le groupe de chacun des chevaux à tour de rôle.
Chaque observateur (par groupe de deux) note sur une période de temps donnée tous les comportements offensifs préalablement déterminés (répertoire de départ) de chaque cheval au sein du groupe. Qui a menacé qui ? Comment ? Combien de fois ? La méthode focale repère donc le comportement d'un seul cheval à la fois par des observateurs différents sur une période de temps déterminée et dans un contexte, une circonstance inhabituelle.

Une liste des comportements offensifs à observer est préalablement établie entre les observateurs, chaque comportement étant identifié par un numéro pour en faciliter le relevé écrit.
code : comportement observé
0 : aucun
1 : menace de la croupe
2 : oreilles baissées
3 : menace d'un postérieur
4 : ruade
5 : charge
6 : coup de tête
7 : morsure
8 taper de l'antérieur
...
Cette liste est un répertoire de comportements offensifs connus et sert de "langage" commun entre les observateurs. Ce répertoire est donc l'instrument de travail de chaque observateur d'un cheval au sein du groupe qui est placé dans une situation inhabituelle de séparation et de réintroduction d'un congénère.
Un tableau croisé est établi avec le nom de chaque cheval en abcisses et en ordonnées.

A B C D E
A X - - - -
B - X - - -
C - 2 X 1 4 3
D - 0 1 1 1  X -
E - 1 1 - X

Dans chaque case du tableau, sont mentionnés les types (numéro du répertoire) et la fréquence des comportements offensifs. à la sortie par exemple du cheval (a) du groupe (en abcisses), quels sont les comportements offensifs du cheval (b) (en abcisses) vers les chevaux (c), (d), (e) (en ordonnées) ; du cheval (c) (en abcisses) vers les chevaux (b), (d), (e) (en ordonnées), etc. Le tableau 2 montre ainsi les comportements offen-sifs de chaque cheval (en abcisses) à la sortie du cheval (a) pendant un temps donné de 20 minutes. On constate par exemple dans ce tableau que les comportements offensifs se marquent particulièrement vers le cheval (c).

2.-Discussion
L'ensemble des observations au sein du groupe, à la sortie et à la réintroduction de chaque cheval, permet d'apprécier des interactions sociales au sein du groupe telles que :
- nombre total de comportements offensifs par cheval, en fonction du temps global de l'expérimentation ;
- destination des comportements offensifs ;
- nombre de comportements offensifs par cheval ventilé d'une part selon la sortie d'un cheval et d'autre part à la réadmission.
- etc.
A partir des observations mentionnées en tableaux, se déduisent des sociogrammes (organisation sociale du groupe).
Quels sont les comportements sociaux (hiérarchie, dominance, proximité, compétition...) de chaque individu au sein du groupe ? Le sociogramme de sortie ne montre aucune interaction offensive des chevaux (c), (d), (e) vis à vis du cheval (b) à la sortie du troupeau du cheval (a).

Le nombre d'intéractions offensives est principalement entre les chevaux (c) et (d).
A la réintroduction du cheval (a) dans le groupe, les réactions offensives sont uniquement entre le cheval (c) vers (d) et le cheval (e) vers (a).
On aperçoit ainsi que créer un changement d'environnement au sein d'un groupe et analyser ensuite les comportements des chevaux est un moyen d'apprécier au mieux le tempérament de chaque cheval ainsi que les interactions sociales dans le groupe. Changer l'environnement met donc les chevaux dans des conditions "inhabituelles" qui permettent de mieux les con-naître pour alors évaluer leur émotivité, déterminer leur statut hiérarchique, repérer la distribution des espaces entre eux, éviter les séparations difficiles ou traumatisantes, rechercher les rituels.


Ouvrages à consulter
"Cheval Magazine, Devenez l'éthologue de votre cheval" - N Pilley-Miranda, n° 330 
"L'équitation, le cheval et l'éthologie" - Ed. Belin, ENA, 1999.

Yves BERTRAND
Les distances et le comportement de  fuite 
par le Dr. Y. Bertrand
En langage cheval... La fuite est un mouvement de défense active déclenchée par plusieurs situations :
  1.  - L'agression : la fuite est alors un comportement de défense face à un agresseur ;
  2. ou plus rarement l'expression de la fin d'un  combat.
  3.  - La présence d'un prédateur ou d'un com portement de prédateur: la fuite est alors le comportement de la proie pour s'éloigner  du prédateur.
  4.  - Un objet inconnu, apparaissant soudainement, même en lieu familier, ou un geste  inattendu ou certaines perceptions auditives : la fuite est alors une réaction de peur , de crainte et parfois de panique. C'est la fuite devant l'inconnu.
  5. - La douleur physique ou l'expérience douloureuse (piqûres d'insectes, mauvais traitements, aides trop vigoureuses, mors trop dur). la fuite est alors un échappement pour se soustraire à la douleur ou pour l'atténuer.
La fuite est à distinguer de action qui consiste à se dérober face à une difficulté, une demande. La distance de sécurité est la distance en deçà de laquelle le cheval ne s'approchera pas d'un objet qu'il juge inquiétant ou dangereux (environ 5 mètres). Cette distance ne serait jamais inférieure à 2 mètres et rarement supérieure à 5 mètres. Tant que l'objet inquiétant se trouve au-delà de cette distance, le cheval sera attentif mais ne manifestera aucune crainte visible, mais dès que l'animal parviendra en deçà de cette distance, le déclenchement de la réaction de fuite aura lieu... (1).

La distance de fuite est celle à partir de laquelle l'animal essaye de s'échapper lorsqu'un individu d'une autre espèce s'approche de lui... Tant qu'elle est respectée, il se trouve dans un état bien équilibré sur le plan psychique: tension, excitation (2).

LES NIVEAUX DE COMPORTEMENT DE FUITE Pour la facilité de compréhension, je distingue 4 niveaux de comportement de fuite selon l'estimation, l'évaluation du danger par le cheval. Ces niveaux de comportement varient d'un cheval à l'autre selon son tempérament, son seuil d'émotivité et selon les conditions qui les provoquent. L'intensité minimale du comportement de fuite réside dans la surveillance et l'attitude attentive. Le cheval adopte une position de surveillance: tête verticale, oreilles pointées vers l'avant. ..Toutefois, lorsque le cheval est brusquement confronté à un stimulus et que la peur est plus intense, il tourne rapidement la tête ou le corps de sorte que ses yeux peuvent se braquer sur la source de stimulation potentiellement dangereuse, Il adopte ainsi une position particulière du corps et un mouvement d'orientation de la tête et du corps. La respiration devient irrégulière et les naseaux " s'élargissent. Si le danger est encore perçu plus menaçant, le cheval peut présenter alors un mouvement d'évitement ou un écart imprévisible et parfois extrêmement violent. Le galop ou la fuite désespérée permet au cheval en panique de se soustraire au danger effrayant pour lui.

ATTITUDES
La fuite est un comportement positif pour le cheval. En langage cheval, ce comportement a du sens. Le cheval obéit à son instinct face à une insécurité, méfiance ou peur. La fuite est pour lui un moyen d'issue pour s'éloigner d'un danger et assurer sa sécurité. Elle ne doit donc pas être réprimée mais reconnue.

Au moment de la fuite du cheval il importe alors pour le cavalier de ne pas avoir un comportement brusque, prédateur ou agressif, mais plutôt une attitude calme, détendue et confiante afin de ne pas générer une escalade et d'aggraver la situation. Il faut rassurer le cheval et ensuite apprivoiser sa peur.

En dehors d'un moment de fuite, à titre de prévention, quelques recommandations peuvent être proposées :
  • élargir de façon progressive le champ des expériences du cheval car il a peur de l'inconnu. Alors, le désensibiliser par rapport aux stimuli de l'environnement facilite son éducation.
  • -être patient et laisser le temps au cheval de constater l'absence de toute menace. -éviter la maîtrise technique du cheval par des aides contraignantes, une cravache menaçante, un harnachement dur...
  • - Apprendre à reconnaître sa propre peur et à la surmonter en prenant du recul, du temps. Pour rappel, la fuite face à l'insécurité. la méfiance, la peur est aussi un comportement humain.


Ces recommandations, pendant et en dehors d'un comportement de fuite, per- mettent au cheval d'apprendre à dominer ses peurs et son instinct de fuite.

Les distances de sécurité
Le grégarisme est la tendance des animaux à constituer des groupes sociaux sous des formes très variées. Chez les mammifères, le troupeau est une des formes de groupe social avec une organisation qui présente des avantages, notamment vis à vis des prédateurs. Dans un troupeau, les animaux grégaires ont des relations sociales définies les uns avec les autres.

Le cheval est un animal grégaire vivant en troupeau ou harde avec une organisation sociale qui lui est propre. Dans ce troupeau, le cheval recherche la sécurité face aux dangers et donc généralement vis à vis des prédateurs. En effet, les autres chevaux contribuent à diminuer la peur du danger. En prairie par exemple, un cheval seul en train de paître doit régulièrement s'interrompre pour examiner l'environnement qui pourrait présenter un danger. Par contre si le cheval se nourrit dans un troupeau, il n'a pas à le faire lui même aussi souvent et peut alors passer plus de temps à se nourrir et garder une certaine quiétude.

Les relations sociales
L'organisation sociale dans un troupeau totalise l'ensemble des relations sociales entre ses membres. Hiérarchie au sein du groupe, rapport de dominance, amitié, parade nuptiale, territorialité... sont des exemples de relations sociales. Parmi celles-ci, le respect de la distance entre les membres du troupeau n'est pas dénué de sens et n'est pas sans conséquence sur notre comportement à manifester avec le cheval. Regrouper des chevaux demande donc une certaine connaissance des relations entre les membres au sein d'un groupe.

La distance individuelle
En troupeau, malgré leur très forte tendance au grégarisme, les chevaux ne se tiennent pas à proximité les uns des autres. Généralement, ils gardent entre eux une distance individuelle, minimum de plusieurs mètres. C'est la distance à laquelle un cheval provoque l'agression ou l'évitement d'un autre cheval. Chaque membre du groupe maintient donc autour de lui un espace de sécurité où aucune intrusion n'est acceptée. Contrairement à certaines espèces animales qui cherchent l'entassement et le contact physique, le cheval fait donc partie d'une espèce animale sans contact, respectant entre eux une distance minimale. C'est la distance individuelle ou "bulle" invisible et aux formes irrégulières qui entoure le cheval. C'est une petite sphère protectrice que le cheval crée autour de lui pour s'isoler des autres (par la double tendance d'attaque ou de fuite).

Cette distance personnelle varie. En effet, elle diminue par exemple en présence d'un danger commun. De plus, les chevaux dominants ont généralement une distance personnelle plus grande que ceux qui occupent une position inférieure dans la hiérarchie sociale. L'endroit de groupement des chevaux influence également, surtout lorsqu'il y a compétition pour un abri, un point d'eau. de la nourriture. La présence de nouveaux congénères inconnus entraîne une agression plus violente que vis à vis de partenaires du groupe. Au moment de l'accouplement, la distance individuelle d'attaque ou de fuite doit s'estomper pour permettre le rapprochement des partenaires ce qui explique les parades préalables pour apprendre à se reconnaître.

Le respect de cette distance personnelle au sein d'un groupe de chevaux se retrouve dans des circonstances ou des contextes bien connus des cavaliers comme par exemple :
- les risques d'agression ou d'évitement lors de l'abreuvage à l'arrivée d'une randonnée,
- la menace des chevaux dominants envers les subordonnés en prairie,
- la répartition des chevaux entre eux lors d'une balade,
- la position des chevaux en présence d'un abri en prairie ou d'une ombre protectrice des arbres,
- etc.

Dans ces circonstances, le cheval fait respecter sa distance personnelle soit par des avertissements menaçants dont les plus fréquents sont des mouvements accélérés de la queue, des esquisses de morsures, la présentation de la croupe, la ruade, la levée d'un antérieur, l'abaissement de l'encolure avec les oreilles couchées en arrière ou la fuite. Ces réactions sont intentionnelles et sont destinées à faire comprendre à l'autre que s'il ne respecte pas les distances, il risque la bagarre, Généralement le cheval menacé se soumet en s'écartant ou en fuyant ce qui déclenche parfois la poursuite.

Toutefois dans un troupeau. existent aussi .des préférences ou un compagnonnage sélectif entre certains chevaux qui montrent qu'ils s'acceptent en toute sécurité. Pour ces chevaux "amis", la notion de distance individuelle est alors abolie. La proximité est acceptée, voire même souhaitée. Elle peut se manifester par une série de comportement repérables :
- ces chevaux se caressent, se grattent, se mordillent à la recherche d'affection et de contact et de sécurité,
- ces chevaux ont des gestes de toilettage mutuel pour manifester leur amitié,
- ces chevaux se flairent, se soufflent mutuellement dans les naseaux,
- ces chevaux se tiennent debout côte à côte et se donnent des coups de queue contre les insectes...
Par ailleurs, les juments ont des relations spéciales avec leur progéniture.
L'association entre juments et poulains a une forte influence sur la disposition spatiale des chevaux dans un groupe.
L'homme observe aussi une distance personnelle dans les rapports qu'il entretient avec ses semblables. A lui alors de faire aussi respecter sa distance personnelle par le cheval, en évitant par exemple de se faire bousculer. Le respect doit être mutuel.

La distance sociale
Dans le groupe, les chevaux restent en lien les uns avec les autres. La perte de ce lien avec le groupe les expose à divers dangers, notamment aux attaques des prédateurs. La distance sociale est donc la distance au-delà de laquelle le cheval perd le contact avec le groupe. Il ne peut plus le voir, ni l'entendre et le sentir. C'est aussi la distance au-delà de laquelle le cheval commence à s'inquiéter. Il souffre de l'isolement. Cette distance n'est pas fixe. Ainsi par exemple, elle diminue lorsqu'un danger rend nécessaire une surveillance plus étroite.

De nombreux exemples se référant à la distance sociale sont bien connus de nombreux cavaliers :
- le poulain qui dépasse une certaine distance par rapport à sa mère,
- le comportement difficile d'un cheval qu'on enlève d'un groupe en prairie pour débuter une randonnée,
- le comportement anxieux du cheval laissé en arrière loin de la vue des autres au cours d'une balade,
- etc.

L'espace personnel
La distance individuelle détermine ainsi un espace personnel qui comprend d'une part un espace physique qui permet au cheval de réaliser ses propres mouvements de base (se coucher, s'étirer, se gratter...) et d'autre part l'espace social. Celui-ci est la distance minimale que le cheval garde entre lui et les autres chevaux.

En pratique
Les chevaux ont besoin de la compagnie de leurs congénères et souffrent de l'isolement. En liberté, ils ne vivent donc jamais isolés. Ils vivent en troupeaux. Dans un troupeau, se manifestent des préférences pour certains et une antipathie pour d'autres. Chacun garde toutefois autour de lui un espace de sécurité ou espace personnel.

Au sein d'un groupe de chevaux, l'homme doit connaître ces comportements du cheval liés au respect de sa distance personnelle et y porter attention. En effet, maintes activités quotidiennes le confronteront à ces comportements comme par exemple :
- prudence lors de la mise d'un nouveau congénère dans un troupeau,
- la séquence des chevaux en balade, en randonnée, en piste intérieure devra tenir compte des distances personnelles ; il sera important de les découvrir en liberté et de ne pas les enfreindre ; nous devrons les comprendre et les utiliser pour satisfaire les préférences et éviter les antipathies,
- l'homme doit également respecter la distance personnelle du cheval, avertir de sa présence et se faire reconnaître. A lui de faire aussi respecter sa propre distance personnelle par le cheval,
- plus les chevaux auront d'espace entre eux, moins d'accidents se produiront,
- etc.

Un des messages de E. Hall, anthropologue américain, est l'importance de l'espace personnel nécessaire à tout être vivant (animal ou humain) pour son équilibre. L'espace dont peuvent disposer les chevaux n'est donc pas sans influence sur leurs comportements.

Yves BERTRAND



Les animaux de  compagnie du cheval
par Alain Willemart

Les humains esseulés ont souvent recours aux animaux de compagnie pour soulager leur solitude. Il en va de même des animaux, notamment des chevaux.
Animal social par excellence, le cheval a besoin de la compagnie de la harde, "sa famille" composée de juments, de mâles dominés, de poulains et, bien sûr, du chef l'étalon. Ce troupeau était jadis synonyme de sécurité, de contacts sociaux, d'entraide, de défense commune, de jeu, de chaleur. C'est toujours le cas pour les chevaux qui vivent en groupe, mais combien d'entre eux sont aujourd'hui privés du contact avec leurs semblables, seuls dans leur prairie, ou, en hiver, dans leur box. Isolés et enfermés, les chevaux peuvent devenir dépressifs et léthargiques. Selon Linda Tellington-Jones ("Comprendre et influencer la personnalité de son cheval" - Editions Vigot) la solitude peut les amener à développer des tics, comme le tic de l'ours, le tic aérophagique ou le tic ambulatoire. Parmi les animaux domestiques, le cheval n'est pas comme le chien ou le chat, le compagnon avec lequel l'homme vit toute la journée. On le voit durant les soins et lorsqu'on le monte, c'est tout. Le reste du temps, il est à l'écurie ou en pâture. La richesse de ses contacts sociaux influe sur son moral. S'il vit avec ses congénères, tout va bien. S'il est seul, observez-le pour voir si, à la longue, il ne déprime pas : en quel cas, mettez-le en compagnie d'un autre cheval avec lequel il s'entend. Il se peut que vous n'ayez pas d'autre cheval ou pas de place disponible pour entretenir un équidé supplémentaire. Si vous optez pour l'achat ou l'adoption d'un animal de compagnie pour votre cheval, attention, faites d'abord un test pour vérifier qu'ils aient des atomes crochus. Il se peut que le cheval ne tolère pas du tout le compagnon que vous lui proposez. ânes et poneys, plus rustiques que les chevaux. constituent d'excellents compagnons pas trop encombrants. Prenez-les donc à l'essai dans un premier temps. S'ils s'entendent en prairie, à l'intérieur par contre, le problème reste entier si la place manque pour les installer ensemble.

Que faire alors ? On peut opter pour un animal de plus petite taille car le cheval se lie aussi d'amitié avec des animaux tels que la chèvre, le mouton, le chien, le chat, le lapin, le coq, l'oie... Quelquefois des liens se tissent avec un animal non domestique, comme une hirondelle nichant dans un coin du box ou de la stalle.

Bref, vous avez l'embarras du choix, mais vous devez savoir que :
- Le mouton est vorace et n'hésitera pas à empiéter sur la nourriture du cheval, même en hauteur.
- Le chien n'est, à priori, pas un compagnon "naturel" pour le cheval, étant donné son passé de chasseur carnassier. Tout dépend du chien évidemment ; il arrive qu'ils s'entendent comme larrons en foire. En matière de race, on entend souvent parler du Schnauzer comme du chien d'écurie idéal, étant par nature "doux aux chevaux". N'ayant jamais eu l'occasion de le vérifier, sauf a contrario, nous laisserons au lecteur le soin d'expérimenter.
- Le chat recueille souvent les suffrages des équidés, d'autant plus que le chat aime fréquenter l'écurie qui héberge souvent de nombreux rongeurs.
- Chiens et chats son susceptibles d'être rentrés à la maison une fois la nuit tombée, laissant donc le cheval seul une grand partie du temps.
- Chevaux et vaches en prairie font généralement bon ménage, après une période d'acclimatation. Les vaches mangent les refus des chevaux et des poneys.
Contrairement à une idée répandue, ils ont aussi des parasites communs.

Revers de la médaille : ces beaux liens d'amitié peuvent devenir des boulets : certains chevaux ne supportent plus d'être séparés de leur compagnon (ce qui arrive aussi entre chevaux), et il peut devenir très difficile de les emmener ou de les monter seuls. On connaît ainsi le cas d'un trotteur de course qui ne pouvait être séparé de son ami coq lorsqu'on l'emmenait sur les champs de course...

Bien triste peut paraître la condition du cheval condamné à de longues heures quotidiennes de solitude, en prairie ou dans un box.
De tout temps des esprits charitables ont remédié cette carence affective en donnant au cheval solitaire un ou plusieurs compagnons.

Le cheval étant un animal grégaire, c'est- à-dire fait pour vivre en troupeaux, ses compagnons naturels ne sont évidemment autres que ses congénères, d'où la préférence marquée du cheval en prairie pour l'adjonction d'un ou plusieurs congénères, en respectant toutefois quelques règles élémentaires de prudence :
- ne jamais lâcher ensemble en liberté des chevaux ferrés,
- se méfier et prévoir les rapports génétiques accidentels le plus souvent causés par des juments en chaleur, l'étalon ne faisant que répondre à l'appel d'une compagne.

En box, on remarquera souvent le compagnonnage naturel entre un cheval et une hirondelle nichant dans le box ou à proximité immédiate ; il est fréquent que l'hirondelle partage le picotin et stationne insolemment sur le dos ou la croupe du locataire officiel des lieux.
Lorsqu'un cheval seul en box, donne des signes évidents de mélancolie, qu'il s'abstient de manger, souffle sur son avoine, l'homme de cheval avisé lui trouvera un compagnon adéquat: mouton, lapin, petit chien... On a longtemps appelé "griffon d'écurie" le Schnauzer actuel, reconnu comme compagnon favori de nos amis.

J'ai fait personnellement une expérience malheureuse avec un lapin : il y a une trentaine d'années de cela, mon cheval Arlequin paraissait s'ennuyer, et je le lui ai offert la compagnie d'un jeune lapin acheté dans une ferme ; hélas, le lapin était timide et craintif, au point de chercher refuge dans la botte de luzerne, de sorte que, le lendemain matin, il fut retrouvé dans le foin, la tête écrasée par les mâchoires du cheval.

D'après les écrits du Dr. Y. Bertrand

BIBLIOGRAPHIE

- Galopeurs et trotteurs par Ed Curot. Editions Vigot - Paris - 1995 (chapitre "L'hérédité psychique chez le Pur-sang").
- Achat d'un cheval par E. Gayot. Editions E. Tarlier
- The last wild horse, Movis Weeks. H Mipplin Cy - Boston - 1977
- Le cheval (vie sociale) par M A Leblanc. Edition de l'Homme - Versailles - 1984
- Psychologie de cheval par M. Montang. Editions Payot - Paris - 1971
- The psychology and behaviour of animal in zoo and circus par H. Hediger - New York
- Hippologie Psychologie du cheval par G. de Gôldtïem. Edition Artisanat Rural, Paris - 1974.
- Comment parler avec les animaux par D. Kocchlin. Edition Pauvert, Poitiers - 1978.
- "Je parle aux chevaux, ils me répondent" par H. Blake. Editions Renaissance, Paris - 1976.
- Psychologie et comportement du cheval par D. Gosin. Editions Maloine - Paris - 1982
- Le comportement du cheval par E. Hekeman. Edition Crépin Leblond. Paris - 1973
- Understanding Horses par Garda Langley. Edition David et Charles Behaviour - 1989, (224 pages) pages 97-98.
- Entretiens privés avec les dresseurs en liberté Knie - Grüss - Lurashi et Pat Parelli.
- Chapitres "l'impulsion", "l'anxiété", "La curiosité chez le cheval" publiés dans "Le Monde équestre" et Hippo News 1996 et 1997.
- HIPPO News - Décembre 1999 - Janvier 2000

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